
Bains sulphureux d'Abanotubani
Bains sulphureux d'Abanotubani
Au cœur de la vieille ville de Tbilissi, les bains sulfureux d'Abanotubani perpétuent une tradition thermale liée à la fondation même de la capitale géorgienne.
Au pied de la forteresse de Narikala, dans la vieille ville de Tbilissi, le quartier d'Abanotubani regroupe les bains alimentés par les sources sulfureuses qui ont donné son nom à la capitale géorgienne (de tbili, « chaud »). Reconnaissables à leurs toits en briques surmontés d'oculus, ces bains restent en activité depuis plusieurs siècles et constituent l'un des rares lieux où tradition thermale, architecture vernaculaire et vie sociale tbilissienne se rejoignent encore.
Pourquoi visiter les bains d'Abanotubani ?
Abanotubani n'est pas un site-musée : c'est un ensemble thermal toujours fréquenté par les habitants. La visite combine plusieurs intérêts :
Une eau sulfureuse à environ 38 °C, jamais chauffée artificiellement, réputée pour ses effets sur la peau et les articulations.
Une architecture semi-enterrée, conçue pour acheminer l'eau par gravité, sans pompage.
Un savoir-faire local autour du kissa, le gommage-massage exécuté par un Meqise.
Un lien direct avec l'histoire fondatrice de Tbilissi et un quartier dense qui se parcourt à pied en sortant.
Histoire et légende fondatrice
La tradition fait remonter la découverte des sources au roi Vakhtang Ier Gorgasali, souverain ibère de la fin du Ve siècle. Selon la légende fondatrice, le roi chassait dans la vallée de la Koura lorsqu'un faucon plongea sur sa proie dans une source d'eau chaude. Frappé par les vertus de ces eaux, il aurait décidé d'y fonder une ville. L'épisode, transmis par les chroniques médiévales, relève autant du mythe que de l'histoire, mais il a durablement associé Tbilissi à ses bains.
Du Moyen Âge à l'époque moderne, Abanotubani a cumulé les fonctions : bains publics, lieux de rencontre, espaces de fête, et même hébergement de passage pour les voyageurs. Les femmes y venaient pour les rituels précédant le mariage et y exposaient bijoux et tenues d'apparat. Au XIXe siècle, l'écrivain français Alexandre Dumas, de passage dans le Caucase, fait l'éloge des bains dans ses récits de voyage et contribue à leur réputation au-delà de la Géorgie.
Ce que vous voyez sur place
L'architecture des bains
Les édifices sont bâtis en briques et en pierre de rivière. La moitié inférieure est semi-enterrée, ce qui permet à l'eau sulfureuse souterraine de circuler par gravité dans des conduits en céramique, sans système mécanique. En surface, les toits prennent la forme de coupoles percées d'un oculus central qui assure éclairage zénithal et ventilation — silhouette qui rythme tout le quartier.
À l'intérieur, les sols sont en marbre, les murs blanchis à la chaux et ponctués de mosaïques en pierre ; certaines salles conservent des fresques. Chaque cabine s'organise en deux espaces : une antichambre servant de vestiaire et de salle de repos, et la salle de bain proprement dite, équipée d'un bassin alimenté en eau sulfureuse et, le plus souvent, d'une table de massage.
L'expérience du bain
Le protocole traditionnel est simple : 15 à 20 minutes immergé dans le bassin à 38 °C, puis 10 minutes de pause en peignoir dans l'antichambre, le tout répété deux à trois fois. Le passage chez le Meqise, le masseur traditionnel, complète la séance par un gommage vigoureux au gant de crin suivi d'un savonnage à la mousse.
La façade Chreli Abano
Au cœur du quartier, les bains Chreli (ou Orbeliani) se distinguent par une façade aux mosaïques bleues d'inspiration persane, devenue l'image de carte postale d'Abanotubani.
Informations pratiques
Type de bain : bains publics communs (hommes/femmes séparés) ou cabines privées réservables à l'heure. Les tarifs publics restent modérés ; les cabines privées sont nettement plus onéreuses, avec une amplitude selon le standing.
Horaires : les bains publics ouvrent le matin et restent accessibles une bonne partie de la journée, les cabines privées proposent souvent une plage horaire élargie. Vérifiez sur place ou par téléphone, les conditions varient d'un établissement à l'autre.
Durée de visite : comptez 1 h à 1 h 30 pour une séance complète avec massage.
À prévoir : maillot de bain (facultatif en cabine privée), sandales, bouteille d'eau. Serviettes et savon sont généralement fournis ou loués sur place.
Réservation : recommandée pour les cabines privées, surtout en soirée et le week-end.
Comment s'y rendre ?
Abanotubani se situe dans la vieille ville, au sud de la rivière Koura, au pied de la colline de Narikala.
À pied : depuis la place de la Liberté, comptez une dizaine de minutes par les ruelles de Sololaki et la rue Kote Abkhazi.
Métro : station Avlabari (rive opposée, 10 min à pied via le pont Metekhi) ou Liberty Square.
Taxi / VTC : course courte depuis n'importe quel point du centre, à demander via une application locale (Bolt) pour éviter la négociation.
Quand y aller ?
Les bains se visitent toute l'année. L'hiver, entre novembre et mars, reste le moment le plus appréciable : le contraste avec le froid extérieur met en valeur la chaleur sulfureuse, et l'affluence touristique est plus faible. En soirée, les cabines privées affichent souvent complet le week-end.
À voir autour
La forteresse de Narikala, perchée sur la colline juste au-dessus du quartier.
Le musée ethnographique en plein air, qui prolonge la découverte du patrimoine géorgien.
La cascade de Leghvtakhevi, accessible en quelques minutes depuis Chreli Abano par un sentier remontant le ravin.
L'église Metekhi et le pont du même nom, sur la rive opposée de la Koura.
Questions fréquentes
Oui, l'odeur d'œuf est nette dès l'entrée des bains. Elle s'estompe rapidement à la sortie et ne reste pas sur la peau si vous vous rincez à l'eau claire.
La réservation est conseillée pour les cabines privées, surtout en fin de journée et le week-end. Les bains publics communs s'utilisent généralement sans réservation.
Non, mais il fait partie de l'expérience traditionnelle. Le gommage au gant de crin et le savonnage à la mousse sont vigoureux et marquent les esprits autant que le bain lui-même.
L'eau à 38 °C est déconseillée en cas de problèmes cardiovasculaires, d'hypertension non contrôlée ou pendant la grossesse. En cas de doute, consultez un médecin avant la visite.
Oui, les cabines privées permettent une visite en famille ou en couple. Les bains publics restent séparés par sexe selon la tradition.
Pour intégrer Abanotubani et la vieille ville de Tbilissi dans un circuit plus large, consultez nos voyages en Géorgie.
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