
Palais et musée d'Histoire des Dadiani
Palais et musée d'Histoire des Dadiani
Ancienne résidence des princes Dadiani à Zougdidi, ce musée réunit 50 000 pièces, une section Napoléon Ier rare et un jardin botanique de 26 hectares.
À Zougdidi, capitale de la région de Samegrelo-Zemo Svaneti autrefois appelée Odishi, le Palais et musée d'Histoire des Dadiani occupe le centre de la ville. Ancienne résidence d'une dynastie qui régna sur la Mingrélie du XIIe au XIXe siècle, l'ensemble réunit aujourd'hui plus de 50 000 pièces, de l'Âge du Bronze au XIXe siècle, ainsi qu'une collection liée à Napoléon Ier issue d'une alliance familiale avec les Murat.
Pourquoi visiter le palais des Dadiani ?
Un patrimoine unique en Géorgie occidentale, lié à la dynastie des Dadiani et au royaume de Mingrélie.
Une section Napoléon Ier rare, fruit du mariage entre la princesse Salomé Dadiani et le prince Achille Murat, neveu de l'Empereur.
Des collections couvrant plusieurs millénaires : artefacts de Colchide, manuscrits médiévaux, icônes, peintures européennes et géorgiennes.
Un jardin botanique de 26 hectares conçu par David Dadiani et la reine Ekaterine.
La dynastie Dadiani et l'histoire du palais
Les premières mentions de la dynastie Dadiani remontent à 1046, avec Ioané Dadiani comme premier représentant connu. Du XIIe au XVe siècle, la famille gouverne le duché d'Odishi et celui de Svanétie, puis affirme son pouvoir sur la Mingrélie sous le règne de Levan II Dadiani au XVIIe siècle. Ekaterine Chavchavadze, belle-fille de Levan, fut la dernière reine de la région.
L'histoire du palais bascule au XIXe siècle. La princesse Salomé Dadiani épouse à Paris le prince Achille Murat (1847-1895), neveu de Napoléon Ier. En 1876, le couple s'installe à Zougdidi et occupe l'un des palais bâtis par la reine Ekaterine, mère de Salomé, dont les origines remontent au XVIIe siècle. Construit principalement en bois et comptant 24 chambres, l'édifice mêle des références néo-gothiques et vénitiennes à des éléments de l'architecture impériale géorgienne du XIXe siècle.
En 1855, les troupes ottomanes occupent Zougdidi et incendient le palais. Sa reconstruction au XIXe siècle est confiée à l'architecte allemand Rice. Le 1er mai 1921, à l'initiative du géologue et ethnographe géorgien Akaki Chanturia, le bâtiment devient un musée. Il prolonge en réalité une initiative bien plus ancienne : dès 1839, le prince David Dadiani avait fondé un musée familial, présenté comme le plus ancien du Caucase.
Que voir dans le musée ?
Les collections sont réparties dans trois palais ayant appartenu aux Dadiani et regroupent plus de 50 000 pièces.
Archéologie et Colchide
Le musée conserve des objets issus du site archéologique de Nokalakevi, identifié à l'antique Archaeopolis et occupé jusqu'à la période byzantine. Parmi les pièces phares de la Colchide figurent une tête de cerf en or du Ier siècle avant J.-C., des monnaies anciennes et des broderies datées du XIe au XIIIe siècle.
Section Napoléon Ier
Issue de l'héritage des Murat, cette section rassemble du mobilier d'époque, des portraits, des armes, de l'argenterie, de la faïence et des objets chinois. Une bibliothèque scientifique présente des encyclopédies françaises et la correspondance originale de Napoléon Ier en 32 volumes. La pièce la plus singulière est l'un des trois masques mortuaires de l'Empereur, en bronze, tiré du moulage réalisé en 1821 par le Dr François Carlo Antommarchi et fondu à Paris en 1833. Le masque a été rapporté à Zougdidi par Murat, gendre du prince Niko Dadiani.
Patrimoine religieux
Une section est consacrée aux objets sacrés chrétiens. On y voit notamment une relique de la Vierge, conservée selon la tradition à la Chambre du Trésor de Constantinople au XVe siècle, puis gardée au monastère de Khobi jusqu'en 1921. La tradition locale associe également au musée la robe attribuée à la Mère de Jésus, ainsi que divers objets liturgiques.
Salle du Trésor et arts
La section Trésor expose des peintures européennes et géorgiennes du XIXe siècle, dont des paysages des Peredvizhniks, des icônes et croix du Xe au XXe siècle, ainsi qu'une collection photographique de plus de 5 000 pièces. S'y ajoutent des armes médiévales, parmi lesquelles l'épée attribuée à Chamil, et des manuscrits du XVe siècle.
Le jardin botanique
Le palais est entouré d'un jardin botanique de 26 hectares, dessiné par David Dadiani et la reine Ekaterine. Plus de 1 000 espèces venues d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord y sont cultivées. Un magnolia géant centenaire en marque le centre.
Informations pratiques
Durée de visite : comptez 1h30 à 2h30 pour parcourir les collections principales et le jardin.
Horaires : ouvert toute l'année sauf le lundi ; horaires saisonniers, à vérifier avant de vous déplacer.
Tarif : entrée à coût modéré, gratuité ou réduction pour les enfants et les scolaires.
Visites guidées : disponibles sur place, recommandées pour la section Napoléon et les pièces religieuses.
Comment s'y rendre ?
Le musée se trouve sur la place centrale du parc de Zougdidi, en plein centre-ville. Zougdidi est reliée à Tbilissi par un train de nuit quotidien (environ 8 à 9 heures de trajet) et par des marshrutkas (minibus) au départ de la gare routière de Didube. La ville est aussi le principal point d'accès au Haut-Svanétie, ce qui en fait une étape pratique avant de remonter vers Mestia.
À voir dans les environs
Pour prolonger la découverte du patrimoine géorgien, plusieurs sites se prêtent à un itinéraire complémentaire :
Ouplistsikhé, ville troglodytique majeure de la Géorgie ancienne.
Le site archéologique de Dmanissi, l'un des plus anciens sites d'occupation humaine hors d'Afrique.
Le musée du Qvevri, dédié à la tradition viticole géorgienne.
Le monastère et l'académie d'Ikalto, haut lieu intellectuel médiéval.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Le masque est arrivé en Mingrélie grâce à Achille Murat, neveu de Napoléon Ier, qui épousa la princesse Salomé Dadiani et s'installa à Zougdidi en 1876. Le moulage original a été réalisé en 1821 par le Dr François Carlo Antommarchi ; le bronze conservé au musée a été fondu à Paris en 1833.
Comptez 1h30 à 2h30 pour les trois palais et le jardin botanique. Les visiteurs intéressés par la section Napoléon ou par l'art religieux peuvent facilement y passer une demi-journée.
Le noyau remonte à 1839, lorsque le prince David Dadiani fonde un musée familial. Cette antériorité est revendiquée par l'institution, qui se présente comme le plus ancien musée de Géorgie et du Caucase.
Une visite guidée est conseillée : la signalétique en français reste limitée et le contexte historique (dynastie Dadiani, lien avec les Murat, reliques byzantines) éclaire considérablement les collections.
Oui. Zougdidi est le point de départ habituel vers Mestia et le Haut-Svanétie. Une halte d'une demi-journée au musée s'intègre facilement avant ou après le séjour en montagne.
Préparer votre voyage
Le palais des Dadiani s'inscrit dans un itinéraire culturel plus large, entre patrimoine médiéval, traditions viticoles et paysages caucasiens. Pour bâtir un circuit sur mesure, consultez nos idées de voyage en Géorgie.
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